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Les géants de l’épicerie exploitent une situation d’oligopole

Les géants de l’épicerie exploitent une situation d’oligopole pour extraire toujours plus d’argent des consommateurs, et ce faisant, concentrent encore un peu plus de cette richesse dans leurs coffres. Il est grand temps que ça change. 




Lundi, 19 février 2024 00:00

MISE À JOUR Lundi, 19 février 2024 00:00


Loblaws a décidé en janvier dernier d’arrêter les soldes de 50% sur les fruits et légumes moches et les produits presque périmés. Face à la grogne populaire, le géant de l’alimentation a décidé de revenir sur sa décision. 


Évidemment, Loblaws a initialement justifié cette décision en expliquant que toutes les bannières sur le marché offraient un maximum de 30% sur ces produits. En l’absence de véritable concurrence sur le marché canadien, aucun épicier n’a effectivement intérêt à offrir un prix plus concurrentiel que l’autre. En économie, on appelle ça un oligopole.

Que Loblaws, IGA et Métro aient été impliqués dans le cartel du pain de 2001 à 2021 n’a rien de surprenant. Pendant 20 ans, des entreprises canadiennes ont gonflé artificiellement les prix, afin d’empocher illégalement plus de 5 milliards de dollars. 

  • Écoutez l'édito de Francis Gosselin via QUB :


De moins en moins de produits en rabais

Il y a des produits à 50% chez Loblaws, et à 30% ailleurs, parce que partout, les épiciers commandent trop de produits par rapport à ce qui est véritablement consommé. Il est difficile de savoir précisément, à l’unité près, combien de pains, de tomates et de muffins vont être vendus à 9 millions de Québécois chaque jour ou chaque semaine. La météo, les préférences, la publicité et le hasard peuvent faire varier la demande. 

On vend donc ces produits en solde, car c’est mieux que de les jeter. Mais les épiciers ont un plan. 

À travers leurs programmes de fidélité, les géants de l’épicerie connaissent maintenant chaque item que vous avez acheté, à quel endroit et à quelle heure. Cela leur permet de mieux prévoir ce que vous achèterez. Il est évident que l’un des objectifs de ces programmes est de faire diminuer le nombre de produits invendus, et donc de produits en solde. 

À travers notre participation volontaire aux programmes de fidélité, nous participons ainsi à la disparition graduelle des produits en solde. Plus les Québécois tireront parti des petits points qui leur sont offerts par les géants de l’épicerie, moins il y aura de produits à rabais. 


Des profits et des bonis mirobolants

Pour se justifier, les patrons des grandes chaînes et quelques universitaires à leur solde se sont empressés de nous expliquer que les marges sont restées pratiquement constantes. 

Imaginons un scénario: vous investissez 100$ pour vendre des breloques à 1$. L’inflation arrive et maintenant votre breloque vaut 2$. Les marges restent les mêmes, mais vous faites deux fois plus de profit. Avez-vous pris un plus grand risque? Non. Travaillez-vous plus fort? Non. 


Vous exploitez un marché captif pour extraire plus de bénéfices, sans aucun mérite.

Depuis 2020, l’action de Loblaws a augmenté de 100%, celle de Metro de 44%. Doit-on croire que ces augmentations fulgurantes de profitabilité, de dividendes, de bonis et de rémunération des dirigeants sont les résultats de leur travail incroyablement intelligent? 

Les géants de l’épicerie exploitent une situation d’oligopole pour extraire toujours plus d’argent des consommateurs, et ce faisant, concentrent encore un peu plus de cette richesse dans leurs coffres. Il est grand temps que ça change. 

 
 
 

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